Dimanche 19 août 2007
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En Egypte, comme partout ailleurs, des animaux ont été pourchassés, soit pour des raisons de subsistance, soit du fait du danger qu'ils représentaient, si bien que certains d'entre eux ont totalement disparus de la Vallée du Nil.
Il en a été ainsi pour le crocodile. A l'heure actuelle, les crocodiles sont revenus à la faveur de la construction du Haut Barrage d'Assouan et on peut en voir dans les eaux du Lac Nasser.
Le crocodile, image du dieu Sobek peut être vu comme un dieu puissant et protecteur, incarnation de la fertilité par son caractère aquatique, mais aussi comme une force malfaisante qu'il faut conjurer par des exorcismes.
Le crocodile (
Crocodilus niloticus) est, avec l'hippopotame, l'animal le plus redouté des Egyptiens. Le crocodile du Nil est une des plus grandes espèces connues de Crocodiliens (il peut atteindre 6m de long). Il était évidemment présent dans les eaux du Nil et dans les marécages du Delta avant l'arrivée de l'homme sur les berges du fleuve. Il trouvait dans les eaux nombre de poissons, mais, dans le même temps, il pouvait attaquer, à terre, les animaux sauvages. Plus tard, il s'est attaqué aux animaux domestiques, voire, bien entendu, aux hommes qui se risquaient sur son territoire.
Les combats entre crocodiles et hippopotames semblent avoir été fréquents, essentiellement pour des raisons de territoire. Le crocodile était surtout un danger permanent pour les éleveurs obligés de faire traverser les bras du fleuve et les canaux à leurs troupeaux.
Néanmoins, le crocodile ne semble pas avoir été l'objet de chasses organisées à l'époque pharaonique. Mais il arrivait qu'il soit capturé ou tué pour se débarrasser de spécimens particulièrement dangereux. S'ils n'ont pas été systématiquement chassés, c'est peut-être dû au fait que l'animal, s'il est dangereux, est sans doute moins nuisible que l'hippopotame qui, en sa qualité d'herbivore, dévaste les cultures. Par ailleurs, on pouvait jusqu'à un certain point limiter la prolifération des crocodiles en détruisant les oeufs, malgré la surveillance effectuée par les femelles. Enfin, il est clair que, dans certains nomes, le crocodile, étant sacralisé, était à ce titre intouchable. Si on luttait contre lui, c'était à coups de formules magiques et d'invocations.
Etrange pourrait paraitre l'association d'une divinité au crocodile. Le dieu Sobek (en grec Souchos) avait des centres de culte important dans la Vallée, en particulier à Soumenou près d'Ermant et à Kom Ombo où se trouve le grand temple édifié aux époques ptolémaïque et romaine et que Sobek partage avec le dieu faucon Haroëris. Son culte était particulièrement important au Fayoum, une région longtemps restée marécageuse où l'animal semble avoir été très abondant. A, l'époque ptolémaïque lorsque la colonisation du Fayoum se développe avec la création de nouveaux villages, son culte s'étend encore : la capitale du Fayoum, Schedet, prend le nom grec de Crocodilopolis et de nombreux temples sont dédiés au dieu crocodile.
Le dieu était normalement représenté sous la forme d'un homme à tête de crocodile, mais il peut être représenté sous la forme de l'animal. Dans certains lieux de culte de Sobek, on élevait des crocodiles sacrés. L'un d'eux pouvait être choisi pour représenter le dieu, tandis que de nombreux autres étaient destinés à être momifiés et offerts en ex-voto : de grands cimetières de crocodiles ont été retrouvés au Fayoum. Tout récemment, à Narmouthis, on a découvert, tout près du temple, un bâtiment qui servait de 'nursery' aux crocodiles et qui contenait encore des oeufs en grand nombre.
Temple de Kom Ombo
Les sentiments des Egyptiens à l'égard du crocodile semblent avoir été très ambivalents. Il s'agit d'un animal particulièrement redouté, responsable chaque année de la mort ou de la mutilation de nombreux habitants. On lui a prêté pourtant un aspect bénéfique : créature des eaux, il est lié à la fertilité des sols. Il est aussi une manifestation du dieu solaire puisqu'il mange les poissons qui sont les ennemis de Rê. A ce titre, il est souvent représenté couronné du disque solaire.
On voit que, lorsqu'on invoque Sobek, ce n'est pas l'animal que l'on a devant les yeux dans sa réalité terrifiante, mais un concept religieux déconnecté du réel. Ce qui importe, c'est la puissance dont le dieu est porteur. Cependant un texte théologique de Kom Ombo ne dissimule en aucune façon la nature violente et destructrice de l'animal que l'on a associé à un dieu.
efectivement l'Egypte est un sujet passionnant et on n'en a pas fini d'apprendre d'eux, merci de nous y aider!!
Merci pour cet article passionnant. Notamment, je ne savais pas qu'il y avait des batailles entre crocodiles et hippopotames !